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Archive for the ‘Design’ Category

Salon de Genève, 2011

Smoking 007 et voiture du futur au menu…

Avec le concept Vision ConnectedDrive, BMW met l’accent sur l’interaction entre le conducteur et son véhicule. Après l’écologie, la communication serait-elle le prochain axe de développement choisi par les constructeurs ?

Le peintre et architecte autrichien Friedensreich Hundertwasser estimait que l’homme avait cinq peaux : son épiderme, ses vêtements, sa maison, son environnement social et l’environnement planétaire. Les ingénieurs ergonomes et designers BMW semblent s’être inspirés de cette philosophie pour le concept Vision ConnectedDrive. L’interaction avec son conducteur est séparée en trois strates liant les systèmes embarqués, du plus proche du conducteur au plus éloigné.

La première strate concerne la sécurité et tous les éléments directement utiles à la conduite. Les instruments impliqués dans ce premier volet affichent les informations de vitesse, de consommation de carburant et la navigation routière via l’affichage tête haute à trois dimensions. Les alertes sont également transmises par ce biais. Le système de navigation peut quant à lui être synchronisé avec un smartphone : la Vision ConnectedDrive reconnaîtra alors les rendez-vous de l’agenda et proposera d’elle-même de programmer la destination. Le design intérieur symbolise cette première strate par un ruban entourant le conducteur, éclairé en orange foncé.

La deuxième strate concerne le divertissement et l’interaction entre le conducteur et le passager. Stylistiquement symbolisée par un ruban éclairé de bleu traversant l’habitacle, elle utilise principalement le Passenger Information Display, écran situé devant le passager. Sur cette interface peuvent s’afficher diverses informations sur les lieux traversés : architecture, histoire, exposition en cours dans les musées rencontrés, etc.. Libre au passager de sélectionner les informations qu’il souhaite consulter. Celles-ci seront alimentées en direct via internet. Le système va plus loin, proposant de réserver une place pour un concert, d’écouter la musique diffusée dans un bar à la mode devant lequel on passe ou bien encore de réserver une place dans un restaurant à proximité du point de destination.

La troisième strate concerne le lien entre le véhicule et son environnement. Ainsi, si un ou plusieurs feux tricolores sont en panne sur le parcours prévu par la navigation, la Vision ConnectedDrive en informera son conducteur. Mieux, elle dialoguera avec les autres véhicules approchant du carrefour, et relaiera l’information sur l’affichage tête haute. Le conducteur pourra ainsi réagir en conséquence par un freinage ou un évitement. Idem si un véhicule sort de son stationnement de manière intempestive : une alerte apparaîtra en même temps qu’un léger coup de frein. Si un évitement est possible, des flèches apparaîtront en réalité augmentée sur l’affichage tête haute 3D, comme un guide pour le conducteur. Cette strate impliquant le véhicule entier, c’est la carrosserie qui la symbolise, par un jeu de lumière verte qui souligne les contours de la voiture.

A première vue, la carrosserie apparaît conforme aux codes du genre du roadster classique. Typique des dernières recherches stylistiques de la marque, elle met en scène un double haricot surdimensionné ainsi que des lignes sculptées, rappelant les formes mathématiques tridimensionnelles. L’hommage au passé n’est toutefois jamais loin : les portes s’escamotent dans la carrosserie comme sur feu le roadster Z1.

BMW ne donne aucune information quant à la motorisation de la Vision ConnectedDrive. Là n’est pas l’essentiel. Ce concept explore de nouvelles pistes, annonçant la connectivité de l’automobile de demain, déjà explorée par BMW depuis longtemps. Après la sécurité dans les années 1990 et l’écologie dans les années 2000, ceci pourrait bien devenir le principal axe de recherche des constructeurs pour les années 2010. Des automobiles plus proches de leurs utilisateurs ? C’est sans aucun doute vrai pour cette BMW à la conception proche de la philosophie humaniste d’Hundertwasser.

source challenge.fr

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Non contents de réaliser des séries de meubles transparents, l’architecte Carlo Santambrogio et le designer Ennio Arosio ont imaginé une maison entièrement en verre…
Avis aux personnes non pudiques ! Les deux fondateurs de la société italienne Santambrogiomilano ont imaginé un nouveau concept de maisons, toutes en transparence, pour accueillir leurs collections (bien réelles, celles-ci) d’objets en verre. Aujourd’hui encore totalement surréalistes, ces projets ont le mérite de proposer un nouvel art de vivre et d’habiter, en parfaite connivence avec l’environnement.
Encore fictive, la maison de verre la plus emblématique de la société est pourtant ultra-réaliste. Cette habitation a été pensée en trois blocs de 100 m² chacun, où les différents espaces de la vie quotidienne sont à leur tour subdivisés. Il n’empêche, toutes les pièces sont visibles depuis l’extérieur et offrent une vue à 360 degrés car cloisons, escaliers, planchers, terrasse, garage et même piscine sont en verre !
« Les différentes couches de cette maison conceptuelle se chevauchent avec une intensité de transparence différente selon les parois qui combinent, et en même séparent, les espaces », analysent les deux créateurs. La distinction entre l’intérieur et l’environnement extérieur devient floue. La décoration murale est finalement assurée par le fil des saisons : avec des fleurs au printemps, d’épais feuillages en été, des teintes plus ocres à l’automne et de la neige en hiver.
Dernier projet en date de la société Santambrogiomilano, la maison en 3D au milieu des bois illustre plusieurs années de travail du duo de créateurs. Cela fait déjà six ans que l’architecte et le designer créent ensemble du mobilier en verre : de la simple table à la bibliothèque, en passant par le canapé-lit et la baignoire. La raison ? « Ce matériau est magique, explique Carlo Santambrogio. Ses reflets varient continuellement en fonction du degré de lumière, tout en conservant intacte la beauté de la transparence. Malléable, aussi bien à petite qu’à grande échelle, il permet une personnalisation extrême des produits fabriqués qui sont, à chaque fois, des pièces uniques ».
Autre capacité du verre, également pensée en cas de réalisation de la maison : sa faculté à devenir opaque ! « Pour que cette demeure soit peut-être un jour habitable, il faut en effet préserver un minimum d’intimité et de confidentialité, notamment dans la chambre », précisent les deux hommes. Les cloisons seraient en verre transparents, transformables en verre opaque en un clic. De quoi rassurer les personnes intéressées par cette demeure futuriste, y compris les plus pudiques…

source & crédits : santambrogiomilano.it & maisonapart.com

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saison Turquie

Du 1er juillet 2009 au 31 mars 2010, la Turquie sera l’invitée de la France avec la Saison de la Turquie en France. Plus de 400 événements culturels, économiques et intellectuels permettront de découvrir l’effervescence, la jeunesse et la modernité de ce pays, trop méconnu en France et souvent réduit à de faux clichés. Préparée en étroite collaboration par la Fondation pour la Culture et les Arts d’Istanbul (IKSV) et Culturesfrance, sous l’égide des Ministères des Affaires Etrangères et des Ministères de la Culture des deux pays, la Saison de la Turquie en France aura également à cœur de témoigner auprès du public, des liens historiques et vivants unissant la France et la Turquie, marqués par une amitié renouvelée remontant au XVIème siècle.

Faisant écho au succès du « Printemps Français » organisé dans différentes villes turques en 2006, cette Saison se donne pour mission d’encourager les échanges et le tourisme culturel mais aussi les coopérations entre les institutions culturelles et artistiques et les organisations non gouvernementales turques et françaises. Parallèlement, elle ambitionne de favoriser les interactions à tous niveaux en vue de renforcer et de pérenniser le dialogue en matière de coopération éducative, scientifique et académique, ainsi que dans le domaine économique.

Avec sa population parmi les plus jeunes et dynamiques du monde, la Turquie se définit non seulement avec sa richesse patrimoniale et historique mais aussi avec son dynamisme créatif, son évolution sociale et sa structure à multiples facettes. La programmation de la Saison de la Turquie en France vise à refléter toute la diversité de sa culture en soulignant la volonté de changement et d’ouverture d’une Turquie mosaïque et mettre en exergue l’apport de la Turquie à la culture européenne.

De nombreux événements seront organisés dans les grandes villes comme Paris, Lille, Marseille, Lyon, Strasbourg et Bordeaux mais également sur l’ensemble du territoire français. Des expositions patrimoniales, d’art contemporain, d’architecture et de photographie ; des spectacles de théâtre, de danse et d’arts de la rue ; des concerts de musique classique et contemporaine ; des événements célébrant le cinéma, des débats d’idées, des projets de coopération éducative et de nombreuses manifestations littéraires auront lieu durant toute la Saison.

Autour de cette programmation artistique, la Saison de la Turquie en France propose un volet économique très développé avec de nombreuses manifestations impliquant des entreprises des deux pays. Enfin, souhaitant promouvoir les rencontres, les contacts, les discussions et des échanges plus prolongés, de grands débats d’idées et débats universitaires tenteront de faire le point sur les processus de démocratisation, les médias, le développement économique et social ou encore les enjeux géopolitiques qui se posent à la Turquie contemporaine. De sorte que tout au long de cette Saison, le public français comprenne et découvre les multiples et passionnantes facettes de ce pays.

La Saison de la Turquie en France se poursuivra bien au- delà de mars 2010 grâce aux nombreuses collaborations artistiques franco-turques qui seront programmées à Istanbul, capitale européenne de la culture en 2010 et à Marseille, capitale européenne de la culture en 2013.

Le programme : http://www.saisondelaturquie.fr/

Byzance à Istanbul

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salon du Bourget

Né en 1909, le Salon de l’Aéronautique et de l’Espace – Paris Le Bourget, connu sous le nom du Salon du Bourget, souffle pour sa 48ème édition (du 15 au 21 juin) ses 100 bougies.

Ce rendez-vous biennal a permis aux professionnels mais aussi public d’admirer au fil des années et des innovations les plus beaux et les plus performants engins aériens.

C’est en 1908 que des constructeurs et inventeurs tels que Blériot, Breguet ou encore Voisin, « décident de donner un caractère industriel et commercial aux activités aéronautiques, considérées, jusque-là, comme un sport », expliquent les organisateurs. Ils créent alors la Chambre Syndicale de l’Industrie Aéronautique, puis un an plus tard, le premier Salon de la Locomotion Aérienne voit le jour au Grand Palais de Paris.

Le salon occupe le lieu durant 44 ans puis au vu du succès rencontré par la manifestation, les organisateurs sont contraints d’investir Le Bourget, pour permettre aux appareils aériens et spatiaux, de plus en plus nombreux, de déployer leurs ailes.

Depuis, tous les deux ans, professionnels français et étrangers et visiteurs du monde entier viennent admirer les derniers avions imaginés par les constructeurs et des démonstrations aériennes.

Photothèque ici.

Démonstration du Rafale, joyau de l’aviation militaire française :

Merci à Philippe WG pour son invitation !

Et si vous aussi, vous avez besoin de déplacer un Tupolev dans votre jardin :

helicoptere russe Tupolev

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logo Presidence suedoise UE 2009

A compter du 1er juillet, les suédois vont présider le Conseil de l’Union européenne.

Deux priorités sont à l’agenda de la présidence suédoise.

En premier lieu, la refonte et la remise à niveau des structures des marché financiers.

Des priorités économiques et sociales dans lesquelles le « modèle suédois » ne fait pas qu’une timide apparition. Le ministre des Finances estime que « des arguments de poids existent en faveur du modèle suédois », considéré comme célébrant « l’Etat providence ».

La régulation du système bancaire

Parmi les mesures que soutiendra la présidence suédoise, les bonus et les rémunération pratiquée dans le secteur bancaire, l’évaluation et la définition des risques du secteur et le renforcement de la surveillance financière et l’obligation faite aux banques de fournir des informations transparentes sur leurs activités.

La Suède souhaite établir une véritable coopération européenne au niveau économique. « Nous avons besoin de pouvoir compter sur le fort soutien de nos partenaires européens », a rappelé le ministre suédois.

Renforcer le Pacte de stabilité et de croissance

Deuxième point : la croissance sur le long terme. « Nous allons renforcer le Pacte de stabilité et de croissance, qui n’est pas assez fort pour remettre les gens sur le marché du travail, ainsi que la stratégie de Lisbonne », a-t-il annoncé.

La présidence suédoise devrait ainsi s’attaquer au chômage, qui, précise Anders Borg, devrait passer en Suède de 7 à 20% dans les années à venir. « L’expérience a montré qu’il était très long de faire redescendre le taux de chômage, et la magnitude du choc est très sévère pour l’Europe. »

Dans cette perspective sociale, l’Europe doit également faire face au vieillissement de la population, qui « exerce des pressions sur les finances publiques », a-t-il précisé.

source : Euractiv & le site de la Présidence suédoise de l’UE : se2009.eu

A propos du logo, quelques lumières sur un choix quelque peu « Superman », voire Sony Ericsson, dénichées sur le site du gouvernement suédois :

The logo is the cornerstone of the visual identity. It represents light in different ways. The outside world associates Sweden with light as a natural phenomenon, for example the midnight sun and the northern lights. Light also has a symbolic meaning which corresponds well to the Presidency’s ambitions: ‘to bring into the light’ suggests openness and transparency. ‘To enlighten’ means to pass on knowledge and information.

The « S » set onto a globe can be interpreted as a stylised image of a beam of light: the globe is illuminated in such a way that the light is focused on the northern hemisphere, in roughly the location of Sweden.

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mur-de-berlin-19891

Une exposition intitulée 1989 – 2009. Mur de Berlin, Artistes pour la Liberté, est présentée à Paris dans les jardins du Palais-Royal, jusqu’au 1er juin à l’occasion du 20e anniversaire de la chute du Mur de Berlin, sous le patronage du ministère de la Culture.

Le Mur de Berlin : 13 août 1961 – 9 novembre 1989

D’un côté l’Est, de l’autre l’Ouest, au milieu, le « Mur de la Honte » le long duquel court un no man’s land et ses murs sécuritaires : des milliers de familles séparées, deux cent trente-neuf morts et une division tangible du monde en deux blocs irréconciliables jusqu’au 9 novembre 1989. Eventré, le Mur libère un flot humain continu en cette nuit qui symbolise la fin d’un ordre mondial bipolaire.

1990-2009 : une collection singulière …

Dès 1990, des sections de 1×1,20m prélevées sur les fragments vierges de murs sécuritaires du no man’s land berlinois servent de supports à la créativité d’artistes internationaux majeurs tels que Eduardo Chillida, Arman, Daniel Buren, Sol Lewitt, Ilya Kabakov, Richard Long, Erik Bulatov, Mimmo Paladino, Robert Longo… Ces oeuvres sont aujourd’hui rassemblées dans une collection de 45 pièces, unique au monde, intitulée Artistes pour la Liberté, que le collectionneur français Sylvestre Verger anime et enrichit depuis vingt ans.

Sylvestre Verger découvre les premières pièces de la collection en 1990 à Paris en compagnie du critique d’art Georges Boudaille (1925-1991) qui lui conseille de s’y intéresser. Il présente la collection à Madrid et à Londres en 1991 à la demande d’une association. Cette dernière n’ayant pu, pour des raisons financières, en poursuivre l’itinérance internationale, Sylvestre Verger s’en porte acquéreur devant la Haute Cour de Justice de Londres en 1993, la préservant ainsi d’une dispersion certaine.

En 1996, la collection est exposée à Lyon où Mikhaïl Gorbatchev, venu la visiter, souligne l’importance de cette exposition. Deux ans plus tard, elle est présentée à Nicosie – choix symbolique en raison de la partition de la capitale chypriote – puis à Cologne en 2001. Le Palais des Nations à Genève accueille une dizaine de pièces en 2004. L’année suivante, à Séoul et Jeong-Ju, elle est associée aux célébrations du 60e anniversaire de l’indépendance nationale et du 5e anniversaire de la reprise du dialogue entre la Corée du Sud et la Corée du Nord.

…et vivante

A chaque étape internationale, de nouvelles œuvres, réalisées sur des fragments vierges des murs sécuritaires conservés à cet effet, enrichissent la collection. (Un pan de mur sécuritaire mesure 4,4 x 2m, découpé en quatre morceaux de 1,2 x 1m, pour une épaisseur de 10cm ; chaque morceau pèse environ 200 kg.)

Les œuvres résultent de commandes de Sylvestre Verger auprès d’artistes qu’il admire tels que Takis, Vladimir Vélikovic, Gérard Fromanger, Peter Klasen, Guy Roussille, Peter Unsicker, Boris Zaborov, Thierry Vidé et Thierry Noir. D’autres ont été réalisées à la suite de concours organisés autour de l’exposition, comme ce fut le cas à Nicosie, avec l’œuvre de Théodoulos et à Séoul, avec l’œuvre de Jeon Su Cheon.

Paris, 6 mai – 1er juin 2009: 20e anniversaire de la chute du Mur

A l’occasion du 20e anniversaire de la chute du Mur, Solange Auzias de Turenne, commissaire des expositions de l’association Sculptures au Palais-Royal, a sélectionné trente œuvres de la collection qui seront présentées, sous le patronage du ministère de la Culture et de la Communication, dans les jardins du Palais-Royal, du 6 mai au 1er juin 2009.

Les oeuvres sélectionnées revêtent plusieurs formes de témoignage artistique:

• la dénonciation des systèmes ayant existé de part et d’autre du Mur (Bruskin, Oppenheim, Kriki, Castelli, Zaborov, Vélickovic…);

• le réquisitoire de l’édification du Mur (Fromanger, Klasen, Kabakov, Mach, Cane…);

• la célébration de la chute du Mur (Arman, Chillida, Knie, Boulatov, Longo, Noir, …) ainsi que du renouveau censé l’accompagner (Artigas, Roussille, Isao…);

• l’appropriation par l’artiste du support sans volonté de témoigner sur un aspect directement lié à l’édification ou à la destruction du Mur : la liberté artistique est alors totale (Buren, Lewitt, Long…).

Le vernissage de l’exposition a lieu le 6 mai, et à cette occasion, Madame Guo Li, second violoncelle de l’Orchestre Philarmonique de Chine, interprètera les trois premières Suites pour violoncelle de Jean-Sébastien Bach, en hommage au geste de Mstislav Rostropovitch devant le Mur de Berlin le 10 novembre 1989.

La collection sera ensuite accueillie à Berlin, au Deutsches Historisches Museum, du 11 juillet au 10 août, puis à Moscou, au Centre d’art contemporain de Winzavod, du 5 novembre au 6 décembre 2009.

source & crédit photo : berlin1989.com (le site présente de nombreuses œuvres exposées)

bulatov

Erik Boulatov « Nonstop », 1990
Acrylique sur béton – 120 X 100 cm

L’occasion de revoir un grand moment de l’histoire européenne :

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Grand Pari(s) Cite architecture Chaillot

En mars 2009, devant le Conseil économique et social, les dix architectes invités à plancher sur l’avenir de Paris avaient exprimé, par la parole, leur vision de la future agglomération. Avec un objectif : faire oublier le costume trop étroit de la ville Lumière, ceintré dans le boulevard périphérique. L’exposition gratuite, présentée à partir du 30 avril à la Cité de l’architecture et du patrimoine, permet de faire émerger une synthèse lisible de la diversité des projets.

Dix équipes aux noms connus ou moins connus sont réunies : Jean Nouvel, Christian de Portzamparc, Yves Lion, Antoine Grumbach, Roland Castro, Djamel Klouche, l’équipe britannique Richard Rogers et Stirk Harbour, les Italiens Bernardo Secchi et Paola Vigano, l’agence néerlandaise MVRDV de Winy Maas, l’Allemand Finn Geipel.

Pas si simple, comme travail : lorsqu’on sollicite un ténor, il y a peu de chances pour qu’il renonce à chanter. La Cité est cependant parvenue à partager avec le public l’essentiel de cette impressionnante somme de travail.

Quelles idées mirobolantes sur la métropole de demain nous sont servies ? Comment montrer avec pédagogie ce monde de l’urbanisme, où fourmillent équations, axiomes, et paramètres (transports, voiries, égouts, impératifs géographiques, poids des structures et des bâtiments existants, etc.), rendant si difficile la réduction des problématiques de la ville à leur dimension culturelle et sociale ?

Une belle idée permet de rendre en partie possible ce pari. L’exposition des projets est présentée, non en sous-sol mais dans les grands espaces lumineux du Musée des monuments français, où se trouvent en permanence les pesants moulages de joyaux de l’architecture religieuse et civile française.

Entre ces moulages, l’architecte Jean-Christophe Quinton a imaginé dix espaces fermés, proportionnels à la volumétrie des décors historiques, des losanges blancs assez forts pour tenir face à la magie spectaculaire du vieux musée.

Dans ces dix tipis contemporains (16m2 au sol, 7 m de haut), chaque équipe a pu transcrire librement, en images parlantes, le plus souvent sur écran, les centaines de pages réunies pour la consultation.

Après les discours du mois de mars, l’art et le sentiment ont repris leur place. C’est dans la nature de l’architecte (des bons, des vrais) de ne pouvoir scinder les dimensions esthétiques et sociales du métier de ses obligations fonctionnelles et techniques.

Pour rendre accessible la quintessence du travail de chaque groupe, Francis Rambert, directeur de l’Institut français d’architecture, ancien journaliste, a poussé chacune des têtes d’affiche dans ses retranchements. Il leur fait dire devant une caméra, en quelques minutes, ce qu’elles n’étaient pas parvenues à formuler au cours de dizaines d’heures de débats.

L’exercice, accepté par les victimes, fausse un peu l’enjeu à force de simplification, mais il permet de faire émerger l’essentiel, voire la dimension cachée des desseins exprimés. Plusieurs ont dit que la question de la « gouvernance » – quelle sera la future administration de la métropole, entre le Paris actuel et villes autour – est un préalable si important qu’on peut la laisser en filigrane, derrière les autres enjeux.

Le Britannique Richard Rogers et son acolyte Stirk Harbour, anciens conseillers du maire de Londres, incarnent cette nécessité sans laquelle la ville se perd dans une vision filandreuse. Ils en rajoutent une couche à travers des propositions qui se résument en trois mots : compacité, densité, mixité. Trois termes qui traduisent la dimension écologique de leur projet – les exigences environnementales de « l’après-Kyoto » sont au coeur de la consultation.

Dans le même climat, Jean Nouvel préconise, à travers 14 écrans, « neuf mesures » avec des solutions simples mais urgentes : jardins sur voies rapides ou « écovilles ». Qu’il s’agisse d’architecture ou de systèmes urbains, dit Nouvel, rien ne saurait se faire sans le savoir-faire des artistes, parmi lesquels se rangent les architectes. Sauf à faire du futur Paris un ratage, ce dont on n’est pas loin.

Autres idées, souvent partagées : penser la ville à partir de ce qui est, et non de modèles fondés sur la table rase ou sur la science-fiction ; renforcer les liens entre les périphéries. Yves Lion approfondit cette étude de l’existant, travail extrêmement fin qui introduit la question de la méthode, avant de penser aux connexions et aux transports. Lion livre ainsi 90 mesures, proposant par exemple que la nationale 7 devienne un lieu de promenade.

Portzamparc part, presque à l’inverse, d’une analyse des grands axes de transport (un train au dessus du périphérique, une nouvelle gare à Aubervilliers), ce qui lui permet de voir la ville comme un ensemble de pôles reliés. Chez Nouvel, Lion ou Portzamparc, l’architecture « montrée », ou plutôt rêvée, ne vient que comme le support d’une pensée assez élaborée et ouverte pour permettre de multiples scénarios.

Djamel Klouche se concentre sur l’étude des multiples échelles rencontrées, mais aussi sur les natures immensément contrastées. C’est un discours nouveau qui peut sembler abstrait mais qui montre, dans l’exposition, toute sa pertinence.

Le pari de Klouche est plus facile à suivre que celui, subtil et méthodique jusqu’à l’inapplicable, de l’équipe Secchi-Vigano, qui semblent importer des solutions aqueuses (une ville reliée à l’eau) peu en accord avec une hypothèse pessimiste de l’après-Kyoto.

Il serait exagéré de dire que l’équipe de MVRDV (une ville plus compacte, aux immeubles surélevés) et celle de Finn Geipel (alternance de ville dense et ville légère) apportent des solutions préalables à la méthode. C’est cependant ce qui peut ressortir de leurs expressions visuelles.

Les deux dernières équipes, Grumbach et Castro, pourront séduire, notamment le premier qui étend Paris jusqu’au Havre, et qui agrémente la visite de cris de mouettes. Compte tenu des infrastructures et investissements que ces projets impliquent, on est loin, ici de l’après-Kyoto.

source : lemonde.fr

www.citechaillot.fr

et le site du Grand Paris

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