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Archive for the ‘Politique’ Category

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L’Atelier Europe se rendra en voyage d’étude à Nicosie du 18 au 21 octobre, à l’occasion de la Présidence chypriote du Conseil de l’UE.

Ce déplacement s’inscrit dans la continuité d’une tournée des capitales européennes initiée lors de la présidence tchèque, et qui a perduré depuis, à Stockholm, Madrid, Bruxelles, Budapest, Varsovie et Copenhague. Ces voyages ont été l’occasion de rencontrer les gouvernements et acteurs institutionnels, et nous ont permis de mieux comprendre les priorités de chaque présidence et leur mise en œuvre.

Au vu du contexte particulier de l’île, l’Atelier Europe rencontrera le gouvernement chypriote grec, mais également le gouvernement de la République turque de Chypre Nord, ainsi que la mission de maintien de la paix de l’ONU.

Programme des rencontres :

Andreas D. Mavroyiannis, vice-ministre auprès du Président, chargé des affaires européennes

Osman Ertuğ, représentant spécial & porte-parole du Président de la République turque de Chypre du Nord

Costas Yennaris, Porte-parole de la Présidence chypriote

Jean-Luc Florent, Ambassadeur de France à Nicosie

Mission de l’ONU à Chypre (UNFICYP)
Michel Bonnardeaux, porte-parole
Tim Alchin, conseiller affaires politiques

Niyazi Mustafa Kizilyürek, Professeur associé à l’Université de Chypre

Georgios P. Georgiou, Directeur de la politique de défense, Ministère de la défense

Vous pourrez lire cette semaine nos notes d’analyse sur ce pays sur le site de l’Atelier Europe, ainsi que le compte-rendu à notre retour.

Le compte-rendu est dispo ici !

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Alors que la Pologne s’apprête à prendre la Présidence du Conseil de l’UE le 1er juillet,  un petit mémo des priorités de ces 6 mois à venir, mais en préambule, le logo : la forme visuelle du logo, pleine d’énergie positive et de dynamisme, fait penser à l’avenir. Le logo évoque l’idée de la communauté, de l’intégration, de l’action commune et de la solidarité. Les flèches symbolisent le développement, la croissance, l’innovation et la solidarité, et leurs couleurs représentent les drapeaux des États membres de l’UE.

Le logo de cette présidence montre que la Pologne est un État moderne et à l’esprit neuf, capable d’initier des changements positifs dans toute l’Europe. « Nous pensons que nous avons réussi à montrer que ‘Solidarność’ était à la base d’un autre succès, que la Pologne était réputée pour viser l’avenir, qu’elle était pleine d’énergie, que nous savions gagner et que nous ne craignions pas de nouveaux défis », a souligné le Premier ministre, Donald Tusk, lors d’une présentation du logo.

Le logo a été conçu par Jerzy Janiszewski, scénographe et graphiste, diplômé de l’École supérieure nationale d’Arts plastiques de Gdańsk qui a travaillé, entre autres, à Paris, Londres et Barcelone, et lauréat de nombreux prix prestigieux. C’est lui qui, il y a presque 31 ans, à l’occasion des grèves du mois d’août 1980, avait conçu le logo de « Solidarność », reconnu aujourd’hui partout dans le monde. Ce logo était devenu le symbole historique de la quête par la Pologne de sa liberté et des changements démocratiques dans la région.

Le gouvernement polonais a décidé de manière délibérée que le logo de la présidence devait faire référence à la grande tradition historique de « Solidarność », dotée d’une valeur symbolique appropriée à un événement de cette importance, la première présidence polonaise du Conseil de l’Union européenne.

Concernant le programme de la Présidence « PL » (source officielle pl2011.eu) :

Dans le cadre de sa présidence, la Pologne visera à remettre l’Union européenne sur les rails du développement économique et politique en se concentrant sur les trois priorités suivantes: l’intégration européenne en tant que source de croissance, une Europe sûre et une Europe qui tire profit de l’ouverture.

L’intégration européenne en tant que source de croissance

La présidence polonaise prendra des mesures pour stimuler la croissance économique en développant le marché intérieur (y compris le marché électronique) et en utilisant le budget européen de manière à augmenter la compétitivité de l’Europe.

L’Union européenne a tiré les conclusions de la crise : de nouveaux principes de gouvernance économique ont été instaurés et de nouveaux outils mis en place, comme le Mécanisme européen de Stabilité qui vise à prévenir d’éventuels retours de crise. Le gouvernement polonais croit néanmoins qu’il faut passer à l’étape suivante et élaborer un nouveau modèle de croissance grâce auquel l’UE pourrait s’assurer pour les prochaines décennies un développement économique suffisant pour garantir le bien-être de ses habitants. Si l’Europe veut être compétitive à l’échelle mondiale, elle ne peut pas se contenter de réformer les finances publiques et de limiter le déficit budgétaire, elle doit impérativement engager également d’autres actions.

Le gouvernement polonais est d’avis qu’un des outils pouvant assurer une croissance économique durable à l’échelle de toute l’Europe devrait être le nouveau budget pluriannuel de l’Union (pour après 2013). C’est justement au cours de la présidence polonaise que commenceront les discussions formelles sur le Cadre financier pluriannuel. Pour la présidence polonaise, le nouveau budget de l’Union doit être un instrument d’investissement contribuant à la réalisation de la stratégie « Europe 2020 ». La présidence polonaise souhaite que ce nouveau budget confirme qu’une plus grande coopération au sein de l’UE est la bonne réponse à apporter à la crise économique et que la politique de cohésion demeure une politique fondamentale de l’Union, dont profitent et profiteront tous les États membres. Il sera également essentiel de réformer la Politique agricole commune afin de moderniser l’agriculture européenne et de lui assurer une plus forte compétitivité.

La présidence polonaise aura aussi pour but d’achever la construction du marché intérieur unique, afin de mettre pleinement à profit son potentiel.
Un accent particulier sera mis sur le développement des services électroniques, ce qui signifie la prise de mesures visant à supprimer les barrières empêchant les opérations transfrontalières en ligne ainsi que la poursuite des travaux sur la réduction des coûts de roaming. C’est pourquoi, dans le cadre de la présidence polonaise, nous travaillerons à la création d’un 28ème régime légal qui simplifierait la conclusion des contrats de vente dans le marché intérieur, y compris la facilitation des transactions en ligne pour les 500 millions de citoyens européens. Ce nouveau régime légal fonctionnerait à côté des 27 régimes déjà en vigueur.

Dans le cadre de la réforme du marché intérieur, la présidence polonaise souhaite travailler à l’amélioration de la situation des petites et moyennes entreprises, et notamment sur la question de leur accès au capital. Les PME, qui représentent environ 60% du PNB et 70% des emplois, sont cruciales pour la croissance économique européenne. C’est pourquoi la présidence polonaise soutiendra les initatives de la Commission européenne relatives à la facilitation de l’accès aux marchés de capitaux et aux fonds de capital-risque, ainsi qu’au soutien des PME sur les marchés tiers. La Présidence s’efforcera également de faire aboutir les travaux sur la création d’un système de brevets, bon marché et accessible à toutes les entreprises européennes. L’absence d’un brevet européen est particulièrement coûteuse pour nos économies et il convient d’y mettre un terme.

La Pologne soutiendra le paquet de modifications des directives européennes sur le marché (dénommé « Acte pour le marché unique ») préparé par la Commission européenne. Notre pays organisera également un événement important servant d’appui au développement du marché intérieur, le Forum du Marché unique.

Une Europe sûre – alimentation, énergie, défense

« Une Europe sûre » implique de renforcer la sécurité dans un certain nombre de domaines. L’Europe doit d’abord renforcer sa sécurité macro-économique. Le renforcement de la gouvernance économique au sein de l’UE sera une tâche fondamentale de la présidence polonaise dans le secteur de l’économie et des finances. La présidence soutiendra les actions et les propositions visant à améliorer la régulation et le contrôle des marchés financiers ainsi que les mécanismes de gestion de crise (c’est-à-dire assurer les marchés financiers contre les effets négatifs des crises et affermir leur stabilité).

Un pas supplémentaire vers « une Europe plus sûre » consiste, selon le gouvernement polonais, à jeter les bases d’une politique énergétique extérieure de l’Union européenne. La Pologne considère qu’il est nécessaire de trouver des solutions pour renforcer cette politique. Le gouvernement polonais est convaincu que la position de l’Union face aux principaux producteurs, consommateurs et pays de transit des matières premières énergétiques peut être significativement renforcée en adoptant des mesures permettant un fonctionnement plus efficace de l’UE dans le milieu énergétique international ; cela se traduirait par des économies notables et de meilleures conditions pour le développement économique.

Le gouvernement estime également que le renforcement de la sécurité de l’Europe passe par une Politique agricole commune (PAC) réformée, utilisant efficacement les fonds communautaires. La consolidation de la PAC devrait maintenir son orientation vers le marché, prendre en compte les biens publics, y compris la sécurité alimentaire et le développement plurifonctionnel de l’agriculture et du monde rural. La question des paiements directs et celle du soutien au développement rural seront des éléments-clés de la PAC réformée.« Une Europe sûre » implique également des frontières sûres. Durant notre présidence, nous chercherons à achever les travaux sur une modification du règlement de Frontex (l’Agence européenne pour la gestion de la coopération opérationnelle aux frontières extérieures des États membres de l’Union européenne). Il faut que Frontex soutienne de manière plus effective les États membres en situation de crise, par exemple celle à laquelle nous faisons face maintenant en raison des développements politiques en Afrique du Nord et au Proche-Orient.

La présidence polonaise du Conseil de l’UE se concentrera également sur le renforcement des capacités militaires et civiles de l’UE. Nous soutiendrons les mesures visant à maintenir un dialogue direct de l’Union européenne avec l’OTAN.

Une Europe qui tire profit de l’ouverture

La Pologne soutiendra une Politique étrangère et de sécurité commune servant à renforcer la position de l’UE dans l’arène internationale.
Notre pays prendra des mesures visant à élargir l’espace des valeurs et des régulations européennes, entre autres, en continuant d’élargir l’UE et en développant la coopération avec les pays voisins. La construction d’un espace de libre-échange avec les États du Partenariat oriental contribuera à l’élargissement de l’espace où les règles et les principes européens sont en vigueur. De plus, la poursuite du processus d’élargissement de l’UE permettra au marché intérieur de gagner des millions de nouveaux consommateurs.

À la lumière des récents événements en Tunisie, en Égypte, en Libye, ainsi que dans d’autres pays du voisinage méridional de l’Europe, la présidence polonaise s’impliquera en faveur d’une coopération fondée sur un partenariat et concentrée sur le soutien des évolutions démocratiques, la mise en place de structures étatiques modernes (basées sur des réformes constitutionnelles), le renforcement du secteur judiciaire et la lutte contrela corruption. Pource qui est de la construction d’une société civile, le soutien de l’UE sera essentiel, à travers la défense des libertés fondamentales et le renforcement des mécanismes de protection des minorités, dont les minorités chrétiennes. Tout aussi important sera le soutien apporté pour stimuler la croissance et le développement économique ainsi qu’à la création d’emplois, et également l’approfondissement des relations commerciales et la facilitation des déplacements pour des groupes sociaux donnés.

Le rôle de la présidence polonaise sera cependant de faire en sorte que l’Europe n’oublie pas ses voisins orientaux. La présidence polonaise souhaite que progressent, dans le cadre du Partenariat oriental, la conclusion d’accords d’association et la création d‘espaces de libre-échange (il s’agit notamment de finaliser ou tout au moins d’effectuer des progrès substantiels dans  les pourparlers avec l’Ukraine et la Moldavie); La présidence polonaise souhaite aussi progresser dans les négociations sur la libéralisation de la politique des visas. Nous espérons que des décisions politiques fondamentales en ce sens seront prises lors du Sommet du Partenariat oriental de septembre avec la participation des chefs d’État et de gouvernement des partenaires et de tous les États membres. L’Union a par ailleurs pour but d’encourager la Biélorussie à coopérer avec l’Occident à condition que ce pays respecte les règles démocratiques et les droits de l’homme fondamentaux.

La Pologne souhaite réaliser lors de sa présidence des progrès dans la concrétisation de l’élargissement. Un des objectifs majeurs de la présidence polonaise du Conseil de l’UE sera de finaliser les négociations d’adhésion avec la Croatie et de signer le traité d’adhésion. Nous mettrons aussi à profit toute occasion de poursuivre les négociations d’adhésion avecla Turquie. Nousprendrons soin de faire avancer les négociations d’adhésion avec l’Islande et nous encouragerons les aspirations européennes des États des Balkans occidentaux.

Le gouvernement espère également qu’il sera possible, lors de la présidence, d’établir de nouveaux cadres de coopération entre l’UE etla Russie. Ilconvient de soutenir les initiatives visant à signer un nouvel accord avec la Russie et de développer le partenariat UE-Russie pour la modernisation.

En ce qui concerne la politique commerciale commune, il sera essentiel de finaliser le présent cycle de négociations commerciales multilatérales dans le cadre de l’Organisation mondiale du commerce (cycle de Doha). Outre des avancées vers la libéralisation du commerce, les discussions porteront, entre autres, sur les subventions à l’agriculture, le droit des brevets, les régulations antidumping et la protection de la propriété intellectuelle.

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Le premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, a annoncé hier, depuis un bar de la station de Sotchi, au côté de Vladimir Poutine, que la Turquie serait dotée de l’arme nucléaire dans un délai de six mois.

« Il est révolu le temps où la Turquie pouvait remettre son destin entre les mains d’Allah ou de l’Amérique. Dans la géographie qui est la sienne, la nation turque est résolue à défendre ses intérêts de pied ferme. La Turquie entre dans l’ère du nucléaire militaire », a-t-il déclaré en une allocution brève et solennelle lors de son retour des pistes.

La décision, qui a aussitôt créé un choc dans le monde entier, a été saluée par Vladimir Poutine. Le premier ministre russe a levé son verre de vodka et porté un toast à la réussite d’une « très sereine et très avantageuse coopération russo-turque dans un domaine, le nucléaire, où les compétences russes ne sont plus à démontrer. »

Alors que les yeux étaient rivés sur la question du nucléaire iranien et, depuis le début 2011, sur les révoltes qui secouent le monde arabe, cette annonce prend de court toutes les chancelleries occidentales.

La suite de l’article sur Turquie européenne

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L’Espagne assure à partir du 1er janvier 2010 la présidence tournante du Conseil de l’Union européenne.

Une première priorité du programme sera la promotion de l’Europe des citoyens, ainsi que la consolidation de l’Europe sociale. La Présidence espagnole envisage de jouer un rôle clé dans la reconnaissance des droits des citoyens, de l’égalité des sexes, ainsi que dans la lutte contre la violence à l’égard des femmes et la promotion de l’Agenda social, tout comme dans le lancement d’une initiative pour la croissance et l’emploi de la société européenne de l’information. Dans ce contexte, l’Année européenne de lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale en 2010 offrira des occasions pour une meilleure visibilité des meures prises à cet égard.

Deuxième point fort sur l’agenda espagnol sera la sortie de la crise financière et économique, la relance de l’emploi et d’une Europe plus compétitive, tout comme la redéfinition de la stratégie de Lisbonne. Afin de garantir les conditions pour une croissance durable, la Présidence espagnole s’engagera à coordonner les travaux du Conseil en se concentrant sur la poursuite des plans de relance, ainsi que sur le développement de stratégies de sortie appropriées et des réformes structurelles tout en veillant à l’application du pacte de stabilité et de croissance. À ce sujet, la stratégie UE 2020 post-Lisbonne sera une pièce centrale des priorités espagnoles dans le domaine économique. L’objectif d’établir une surveillance du système financier sera également parmi les points saillants du programme espagnol.

Ensuite, un troisième domaine central des priorités de la Présidence sera la politique étrangère de l’Union européenne et la promotion des valeurs communes à l’extérieur. Sous le nouveau traité de Lisbonne, l’UE aura à sa disposition de nouveaux instruments en matière de politique étrangère et la Présidence espagnole envisage de les employer de façon à garantir une plus grande cohésion des politiques européennes. Ainsi l’établissement du nouveau Service européen d’action extérieure (SEAE) et son bon fonctionnement figureront parmi les grands défis de la Présidence. En ce qui concerne les priorités politiques au niveau international, l’Espagne souhaite se concentrer sur deux domaines particuliers, à savoir le renforcement des relations avec les pays du Maghreb, ainsi que la revitalisation des relations transatlantiques, tant avec les États-Unis qu’avec l’Amérique latine et les Caraïbes. En ce qui concerne les relations avec le Maghreb, un premier sommet UE-Maroc est envisagé, tout comme des négociations en vue d’un accord-cadre UE-Libye, l’amélioration de l’accord d’association avec la Tunisie et la conclusion d’un accord d’association énergétique UE-Algérie. Par ailleurs, un sommet UE-Russie est également prévu pour le premier semestre 2010 lors duquel la conclusion d’un accord d’association et de coopération est envisagée.

Finalement, une quatrième priorité de la Présidence espagnole sera le renforcement de l’espace de liberté, de sécurité et de justice au sein de l’Union, l’objectif étant d’établir un modèle européen de sécurité intérieure englobant les domaines de la sécurité, de l’immigration et de l’asile, ainsi que de la coopération judiciaire et policière. Autres dossiers auxquels la Présidence consacrera son attention seront le changement climatique et la sécurité énergétique de l’UE.

Le choix du logo commun  à la présidence qui sera partagée par l’Espagne, la Belgique et la Hongrie de Janvier 2010 à juin 2011 a été créé par Antoine DURIEUX, étudiant en Graphisme (diplômé en juin 2009).
Ce logo représente par l’aspect délié de ses lettres inclinées le dynamisme des trois pays. Les lettres E et U sont liées comme le sont les pays au sein de cette présidence en trio. Chaque déclinaison du logo reprend les couleurs du drapeau national mais se réfère à l’unité et la solidarité par l’ajout du mot trio en exposant.
Les lettres E et U apparaissent comme écrites à la main. Tous les citoyens Européens sont invités à se réapproprier le projet européen. Une dynamique qui est renforcée par l’exposant trio.

Le site web de la Présidence espagnole : http://www.eu2010.es/fr/index.html?idioma=fr

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A l’occasion du 20ème anniversaire de la Chute du Mur, l’Atelier Europe publie une excellente tribune :

Si de toute l’histoire du continent européen, on ne devait retenir que dix images, celle de la chute du mur de Berlin et des milliers d’Allemands de l’Est passant à l’Ouest en ferait partie. Au côté de quelques autres, elle symbolise l’aspiration irréductible à la liberté. Le mur de Berlin qui tombe, c’est la fin d’une époque qui commence. Un choc géopolitique immense qui redistribua les cartes du monde, comparable de par son ampleur à la découverte de l’Amérique par Christophe Colomb, qui mit fin au Moyen-âge et ouvrit la voie de la Renaissance. Mikhaïl Gorbatchev dira plus tard « qu’en 1989, l’histoire est sortie de ses gonds ».

L’article complet ici.

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Le 28 octobre, un des préludes à la chute du régime communiste

Peu de fêtes ont subi autant de péripéties que le 28 octobre, date de la création de l’Etat tchécoslovaque indépendant dont nous fêtons ce mercredi le 91e anniversaire. Cette fête a été interdite de célébration par les nazis, puis par les communistes qui l’ont rebaptisé Journée de nationalisation en signe de contestation du caractère démocratique de la première République de Tomáš Garrigue Masaryk. Un 28 octobre qui restera dans l’histoire est celui de 1988 : en dépit des interdictions, une commémoration massive est alors organisée dans le centre de Prague, devenant un des préludes à la chute du régime communiste, dont 20 ans se seront écoulés, le 17 novembre prochain.

Le 28 octobre 1988, fin d’après-midi, place Venceslas : quelques 5000 personnes selon Radio Europe libre, et 2000 selon les médias officiels, sont réunies, formant un rassemblement non autorisé célébrant le 70e anniversaire de la création de l’Etat tchécoslovaque indépendant par Tomáš Garrigue Masaryk. En 1975, le 28 octobre est rayé des calendriers comme jour férié. Seulement un an avant sa fin, en 1988, au moment où elle est confrontée à des pressions intérieures et extérieures croissantes, la direction communiste recréé le 28 octobre comme Jour de l’indépendance de la Tchécoslovaquie.

Rassemblés près de la statue Saint Venceslas, les participants à la célébration scandent alors des slogans comme « Masaryk », « liberté, » et chantent l’hymne national. Leur action, durement réprimée par la police, devient une des premières manifestations qui précipiteront la chute du régime, 13 mois plus tard… Une centaine de personnes sont arrêtées, le 28 octobre 1988 à Prague. Epilogue de l’intervention policière : la condamnation, deux ans plus tard, du numéro un du comité pragois du PCT Miroslav Štěpán, pour avoir donné l’ordre d’employer des canons à eau et des grenades lacrymogènes pour disperser les participants au rassemblement.

Les archives sonores de la Télévision tchèque conservent l’enregistrement de ce 28 octobre, il y a 21 ans à Prague. Il montre la façon dont les médias informaient ou plutôt désinformaient l’opinion publique. L’indicatif du journal et la voix de l’animateur sont typiques des années 1980 :

« Un jour férié donne toujours l’occasion de faire une promenade tranquille, de visiter le théâtre, l’exposition, ou tout simplement de sa balader dans les rues…Voilà l’image de la ville que nos caméra ont capté cet après-midi sur la place Venceslas. Or, le déroulement solennel de ce jour férié a été perturbé en fin d’après-midi par quelques 2000 personnes. »

« Parmi elles, il y avait des éléments criminels. Les organisateurs de la manifestation ont également abusé de la jeunesse présente. Puisque les appels à stopper cette action non autorisée n’ont pas été pas respectés, les organes de la Sécurité publique ont procédé à sa liquidation radicale. L’action des ennemis internes du socialisme et des éléments déclassés a été longuement préparée à l’avance, avec le soutien des centres antisocialistes et de ceux de l’émigration à l’étranger, et elle a été propagée par des radios occidentales dont Voix d’Amérique et Europe libre. »

Dans le courant de l’année 1988, des événements jusqu’alors impensables se produisent dans une Tchécoslovaquie enfermée et isolée du reste du monde : Le 25 mars, à Bratislava, une marche dite des bougies pour les libertés religieuses et civiques. Le 10 décembre, un rassemblement, le premier officiellement autorisé par le régime, a lieu à l’occasion du 40e anniversaire de la Déclaration des droits de l’homme. Le régime autorise sa tenue hors du centre-ville, sur la place Škroup, dans le quartier de Žižkov. La veille, le président de la République française, François Mitterrand, invitait pour un petit-déjeuner historique une dizaine de dissidents tchécoslovaques dont Václav Havel au palais Buquoy, siège de l’ambassade de France à Prague.

Vont suivre, dans l’ordre chronologique, la semaine dite de Palach, du 15 au 20 janvier 1989, qualifiée de la plus importante crise du régime normalisateur. Pour la première fois, la police recourt à la méthode de « déportation » de détenus loin derrière les frontières de la capitale. En juin 1989, le manifeste « Quelques phrases » est signé par plus de 30 000 personnes. Le 28 octobre 1989, des canons à eux et des grenades lacrymogènes sont à nouveau déployés dans le centre de Prague contre près de 3000 manifestants dont environ un dixième seront arrêtés, y compris une vingtaine de ressortissants étrangers.

La fête de la création de la Tchécoslovaquie, le 28 octobre, est à l’origine de la commémoration organisée le 17 novembre 1989 à Albertov, en hommage à Jan Opletal, étudiant en médecine mortellement blessé par les nazis lors d’une commémoration du 28 octobre en 1939, justement. Leur action exprimant le mécontentement avec le régime est brutalement réprimée par les policiers et marquera la fin du communisme en Tchécoslovaquie.

Nous l’avons dit au début, la fête du 28 octobre a subi de maintes péripéties reflétant l’évolution politique du pays dès sa naissance, en 1918. Ainsi, depuis 1994, le 28 octobre fête la création d’un Etat qui n’existe plus depuis le divorce à l’amiable des Tchèques et des Slovaques, en 1993. La République tchèque a gardé cette date comme fête nationale, en mémoire et par respect vis-à-vis du fondateur de la première République tchécoslovaque libre et démocratique, Tomáš Garrigue Masaryk. Les archives radiophoniques nous permettent d’écouter sa voix, lorsqu’il parle de la démocratie en tant que principe fondamental :

Tomáš Garrigue Masaryk « La démocratie n’est pas qu’une forme de l’Etat, elle est aussi une méthode pour l’ensemble de la vie publique et privée. C’est une conception de vie. Le principe de la démocratie, c’est l’entente des hommes, l’amour, l’humanité. Pour qu’elle soit menée avec succès, la politique intérieure et extérieure suppose un consentement des citoyens sur les opinions essentielles, sur les orientations principales des actes politiques. L’Etat, ce n’est pas qu’un mécanisme. La politique n’est pas qu’une technique d’administration et de diplomatie habile. L’Etat est une union de citoyens sur les bases intellectuelles, rationnelles et morales. L’Etat a un sens plus profond que cela puisse paraître, à l’extérieur, dans le mélange de ses différentes activités politiques. L’Etat a un sens spirituel, un sens moral. »

source : radio Prague

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Une exposition intitulée 1989 – 2009. Mur de Berlin, Artistes pour la Liberté, est présentée à Paris dans les jardins du Palais-Royal, jusqu’au 1er juin à l’occasion du 20e anniversaire de la chute du Mur de Berlin, sous le patronage du ministère de la Culture.

Le Mur de Berlin : 13 août 1961 – 9 novembre 1989

D’un côté l’Est, de l’autre l’Ouest, au milieu, le « Mur de la Honte » le long duquel court un no man’s land et ses murs sécuritaires : des milliers de familles séparées, deux cent trente-neuf morts et une division tangible du monde en deux blocs irréconciliables jusqu’au 9 novembre 1989. Eventré, le Mur libère un flot humain continu en cette nuit qui symbolise la fin d’un ordre mondial bipolaire.

1990-2009 : une collection singulière …

Dès 1990, des sections de 1×1,20m prélevées sur les fragments vierges de murs sécuritaires du no man’s land berlinois servent de supports à la créativité d’artistes internationaux majeurs tels que Eduardo Chillida, Arman, Daniel Buren, Sol Lewitt, Ilya Kabakov, Richard Long, Erik Bulatov, Mimmo Paladino, Robert Longo… Ces oeuvres sont aujourd’hui rassemblées dans une collection de 45 pièces, unique au monde, intitulée Artistes pour la Liberté, que le collectionneur français Sylvestre Verger anime et enrichit depuis vingt ans.

Sylvestre Verger découvre les premières pièces de la collection en 1990 à Paris en compagnie du critique d’art Georges Boudaille (1925-1991) qui lui conseille de s’y intéresser. Il présente la collection à Madrid et à Londres en 1991 à la demande d’une association. Cette dernière n’ayant pu, pour des raisons financières, en poursuivre l’itinérance internationale, Sylvestre Verger s’en porte acquéreur devant la Haute Cour de Justice de Londres en 1993, la préservant ainsi d’une dispersion certaine.

En 1996, la collection est exposée à Lyon où Mikhaïl Gorbatchev, venu la visiter, souligne l’importance de cette exposition. Deux ans plus tard, elle est présentée à Nicosie – choix symbolique en raison de la partition de la capitale chypriote – puis à Cologne en 2001. Le Palais des Nations à Genève accueille une dizaine de pièces en 2004. L’année suivante, à Séoul et Jeong-Ju, elle est associée aux célébrations du 60e anniversaire de l’indépendance nationale et du 5e anniversaire de la reprise du dialogue entre la Corée du Sud et la Corée du Nord.

…et vivante

A chaque étape internationale, de nouvelles œuvres, réalisées sur des fragments vierges des murs sécuritaires conservés à cet effet, enrichissent la collection. (Un pan de mur sécuritaire mesure 4,4 x 2m, découpé en quatre morceaux de 1,2 x 1m, pour une épaisseur de 10cm ; chaque morceau pèse environ 200 kg.)

Les œuvres résultent de commandes de Sylvestre Verger auprès d’artistes qu’il admire tels que Takis, Vladimir Vélikovic, Gérard Fromanger, Peter Klasen, Guy Roussille, Peter Unsicker, Boris Zaborov, Thierry Vidé et Thierry Noir. D’autres ont été réalisées à la suite de concours organisés autour de l’exposition, comme ce fut le cas à Nicosie, avec l’œuvre de Théodoulos et à Séoul, avec l’œuvre de Jeon Su Cheon.

Paris, 6 mai – 1er juin 2009: 20e anniversaire de la chute du Mur

A l’occasion du 20e anniversaire de la chute du Mur, Solange Auzias de Turenne, commissaire des expositions de l’association Sculptures au Palais-Royal, a sélectionné trente œuvres de la collection qui seront présentées, sous le patronage du ministère de la Culture et de la Communication, dans les jardins du Palais-Royal, du 6 mai au 1er juin 2009.

Les oeuvres sélectionnées revêtent plusieurs formes de témoignage artistique:

• la dénonciation des systèmes ayant existé de part et d’autre du Mur (Bruskin, Oppenheim, Kriki, Castelli, Zaborov, Vélickovic…);

• le réquisitoire de l’édification du Mur (Fromanger, Klasen, Kabakov, Mach, Cane…);

• la célébration de la chute du Mur (Arman, Chillida, Knie, Boulatov, Longo, Noir, …) ainsi que du renouveau censé l’accompagner (Artigas, Roussille, Isao…);

• l’appropriation par l’artiste du support sans volonté de témoigner sur un aspect directement lié à l’édification ou à la destruction du Mur : la liberté artistique est alors totale (Buren, Lewitt, Long…).

Le vernissage de l’exposition a lieu le 6 mai, et à cette occasion, Madame Guo Li, second violoncelle de l’Orchestre Philarmonique de Chine, interprètera les trois premières Suites pour violoncelle de Jean-Sébastien Bach, en hommage au geste de Mstislav Rostropovitch devant le Mur de Berlin le 10 novembre 1989.

La collection sera ensuite accueillie à Berlin, au Deutsches Historisches Museum, du 11 juillet au 10 août, puis à Moscou, au Centre d’art contemporain de Winzavod, du 5 novembre au 6 décembre 2009.

source & crédit photo : berlin1989.com (le site présente de nombreuses œuvres exposées)

bulatov

Erik Boulatov « Nonstop », 1990
Acrylique sur béton – 120 X 100 cm

L’occasion de revoir un grand moment de l’histoire européenne :

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